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Rois de la patate et dinosaures
Certains d’entre vous auront peut-être attrapé l’émission Les Rois de la patate présentée au Canal Historia. On peut voir des extraits sur le site de l’émission, et certains épisodes sont encore en rediffusion. Je suis ravi que le sujet se soit mérité une telle attention. Les Rois de la patate font partie de notre paysage depuis longtemps et, il y a plusieurs années déjà, ils sont entrés dans mon imaginaire pour y rester.
Denis Gadoury, grand conteur, m’a demandé un jour: lequel, de tous ces rois, pouvait bien être le véritable roi de la patate? Comment croire une enseigne qui dit “le roi” quand on en a vu d’autres proclamant la même chose? Pour répondre à sa question, j’ai fouillé dans l’histoire secrète du Québec et j’ai écrit un conte autour de mes découvertes. Dans ce conte, les rois tentent de déterminer lequel mérite d’être couronné l’unique Roi de la patate. J’ai pris plaisir à raconter cette histoire de vive voix, et je vais tenter de la conter encore à Val-d’Or la semaine prochaine si j’ai assez de temps. On en trouve aussi une version écrite et plus littéraire dans mon dernier recueil de contes.
Vers 2010
Plus que quelques heures! J’espère que l’année se termine en beauté pour vous tous, chers lecteurs et spectateurs. Ici, elle se termine en regardant de l’avant: il y a toujours un nouveau projet sur lequel travailler. J’ai été un peu avare de nouvelles ces derniers temps, alors permettez que j’y remédie à l’instant.
Montréel
La grosse nouvelle d’abord: je publierai un deuxième roman aux éditions Alire. J’ai enfin cessé de le peaufiner, il est maintenant entre les mains de mon éditeur et je suis libre, libre! Enfin, jusqu’à ce que mon éditeur me demande de le retravailler.
Pas de date de sortie officielle pour l’instant, mais ça pourrait être à l’automne 2010. Il ne s’agit pas d’une suite à Une fêlure au flanc du monde (peut-être écrirai-je une suite un jour, mais l’inspiration n’y est pas pour l’instant). Le nouveau roman s’intitulera Montréel; vous y découvrirez une autre version de Montréal où les fantômes et la magie font partie du quotidien. Les deux premiers mots du manuscrit sont “La voix”; le dernier mot est “revenant”. Il y a beaucoup d’autres mots. J’ai hâte que vous puissiez le lire; j’ai l’impression d’avoir construit tout un parc d’attractions, mais il reste encore des mois avant qu’on puisse ouvrir les portes au public. (C’est le genre de parc d’attractions où il y a peu de montagnes russes et beaucoup de maisons hantées. Le genre de maison hantée dont on n’est pas certain de ressortir.)
Après le deuxième, un troisième
Retour sur 2008
Voilà, l’année est bouclée. Qu’en retenez-vous? Qu’espérez-vous pour l’année à venir?
De mon côté, 2008 aura été une année chargée et un point tournant. Mon roman Une fêlure au flanc du monde a enfin vu le jour et s’est même attiré quelques bonnes critiques (n’hésitez pas à me signaler si vous en remarquez d’autres). Mais ce n’est pas tout d’écrire un roman: il faut ensuite en faire la promotion. C’est ainsi que j’ai redécouvert l’univers des salons du livre, en prenant part à ceux de l’Estrie, de Rimouski et de Montréal.
En séance de signature, le temps s’écoule d’étrange façon. On peut passer dix minutes sans que personne ne s’arrête, puis deux personnes réclament une signature en même temps. Dans les salon de taille modeste, ça rappelle la pêche. On s’asseoit, on s’arme de patience, on tend sa ligne et on attend que ça morde. On remue l’appât de temps à autre en captant un regard, en invitant d’un signe de la main, en faisant mirer la couverture du roman sous les fluorescents. À Montréal, c’est un tout autre sport. Le stand des éditions Alire occupait un coin (voir ces photos de Clodjee) et j’étais assis pile sur ce coin, avec un flot constant de visiteurs coulant en deux directions à un mètre de mon nez. C’en était carrément étourdissant. On me la faisait facile, par contre: souvent, de nouveaux lecteurs se présentaient livre en main, déjà séduits par les vendeurs d’Alire sans que j’aie eu à ouvrir la bouche. (Le Salon de Montréal m’a aussi donné l’occasion de revoir mes anciens collaborateurs des Productions Cormoran; FX Liagre proposait au Salon un recueil de nouvelles bien ficelées et un brin morbides intitulé Tu es Julie.)
À destination
Voilà: le déménagement s’est bien déroulé, et me voici installé à Sherbrooke. Eh oui, j’ai maintenant une hypothèque à mon nom. J’ai aussi dû payer ma part de ce qu’on appelle un droit de mutation, ce qui me réjouit: reste à décider quel genre de mutant je serai.
Même si le processus d’emménagement est loin d’être terminé, j’ai mis en place tout ce qu’il fallait pour me remettre à l’ouvrage. La plus récente révision d’Une fêlure au flanc du monde est entre les mains de l’éditeur. En attendant que le manuscrit me revienne pour une autre révision (finale ou quasi-finale, à ce point-ci, du moins je l’espère), je me penche sur d’autres projets d’écriture et je lis des histoires de fantômes. Le manoir ici recèle plein de bruits étranges, mais je commence à m’y sentir chez moi.
Sherbrooke
Il était temps que je l’annonce ici: je déménage à Sherbrooke. Ma douce et moi avons trouvé là une maison où nous pourrons mieux nous consacrer à nos projets. Une perle, vraiment: un petit manoir carré au sommet d’une falaise, en fort bon état, avec vue sur la ville. Nous emménageons le 13 juillet. J’ai hâte de voir comment je me débrouillerai là-bas, qui je rencontrerai, en quoi ma vie changera. Naturellement, je vais m’ennuyer de Montréal — les gens et la ville. J’y reviendrai à l’occasion; je ne serai pas si loin, après tout.
Sur le plan professionnel, ça ne sera pas très différent. Je continuerai à écrire et conter à temps plein. Je donnerai plus souvent des spectacles en Estrie, j’imagine, mais je continuerai aussi à prendre des contrats à Montréal et partout ailleurs. Une fois le déménagement passé, j’espère atteindre une bonne vitesse de croisière sur mes divers projets d’écriture. Mon roman Une fêlure au flanc du monde doit toujours paraître à l’automne — il est trop tôt pour annoncer une date de parution, mais nous visons octobre. Ces jours-ci, j’en suis à peaufiner les dialogues. Il y a des moments où je suis tenté de tuer quelques personnages — ce qui les empêcherait de parler et réduirait donc la quantité de dialogue à réviser — mais il est trop tard pour faire de tels changements à l’intrigue. À chaque révision, je me penche sur de plus petits détails. Bientôt, il ne restera plus que les dernières corrections de grammaire et d’orthographe. Le processus est épuisant, mais je prends encore plaisir à relire certains passages: c’est bon signe. J’ai aussi une nouvelle fantastique que j’écris à temps perdu, pour le plaisir de travailler du neuf. Et j’ai de ces idées, si vous saviez… Espérons que l’air de Sherbrooke leur sera favorable.
![Le blues du poisson rouge [image: Le blues du poisson rouge]](http://ericgauthier.net/wp/wp-content/themes/egnet2008/pics/top_img_poisson.jpg)
![[couverture de Feu blanc]](/pics/mots/feublanc_s.jpg)
![[couverture d'Une fêlure au flanc du monde]](/pics/mots/unefelure_s.jpg)
